Coulisses · Polygraphix Studio, Forchies-la-Marche

Pour notre propre vidéo d’entreprise, nous nous sommes posé la question que tous nos clients se posent en ce moment : fallait-il la générer avec une IA ? Notre nouvelle publicité s’ouvre sur une phrase : « Ça se voit que tu utilises l’IA. » Suivent deux étiquettes, sourire forcé et main à six doigts. L’ironie ne nous a pas échappé. Pour illustrer ce propos, nous aurions pu générer une présentatrice en dix minutes, sans caméra, sans déplacement, sans personne à payer.

Nous avons fait exactement l’inverse. Une vraie actrice, un vrai décor, une demi-journée de tournage et beaucoup de prises, pour vingt-sept secondes à l’arrivée.

Notre vidéo d’entreprise, tournée avec une vraie actrice. Restez jusqu’au bêtisier.

Durée finale
27 secondes
Temps de tournage
Une demi-journée
À l’image
Une comédienne, pas une IA
Montage
DaVinci Resolve, en interne

Ce que l’IA rate encore, et que tout le monde remarque

Personne ne saurait l’expliquer techniquement, mais tout le monde le voit. Un sourire qui se fige une demi-seconde de trop. Une main qui ne tient pas la route quand on la regarde vraiment. Un regard qui ne se pose nulle part. Un débit trop régulier, sans les hésitations qui font qu’on croit à quelqu’un.

Votre client ne se dira pas « ceci a été généré ». Il se dira « je ne sais pas pourquoi, mais ça sonne faux ». Et c’est bien pire, parce que ce doute, il va le reporter sur vous.

Le vrai risque n’est pas technique, il est dans le message

Une IA ne sait pas ce que vous vendez. Elle ne sait pas que vous refusez telle commande, que vous tenez à tel fournisseur, que votre force c’est l’accueil et pas le prix. Elle produit quelque chose de plausible, pas quelque chose de juste.

Elle va très vite vous faire dire ce que disent tous les autres. Et dans un métier de proximité, ressembler à tout le monde est exactement ce qu’il faut éviter.

Une entreprise dont le contenu sent l’IA envoie un signal à ses clients, même sans le vouloir : ici, on va au plus vite. Ce n’est pas forcément vrai. Mais c’est ce qui se comprend.

Avec quoi nous tournons une vidéo d’entreprise

Dans notre studio photo et vidéo à Charleroi, nous filmons en Blackmagic et en Canon, avec des optiques Canon ou anamorphiques selon le rendu recherché. Stabilisation au DJI Ronin, éclairage Sirui ou Aputure. Le montage et l’étalonnage se font sous DaVinci Resolve, le traitement des images sous Photoshop.

Et il nous arrive aussi de tourner à l’iPhone. Nous l’assumons complètement.

Pourquoi ? Parce que ça marche. Pour un contenu de réseaux sociaux tourné sur le vif dans une boutique, entre deux clients, un téléphone donne une image juste et une spontanéité qu’un gros boîtier casse souvent. Le matériel n’est pas un argument de vente, c’est un choix par projet. Une caméra cinéma sur un tournage qui demande de la légèreté, c’est une erreur de jugement, pas un gage de sérieux.

Ce qui prend réellement du temps

  • Le texte. Chaque phrase doit tenir en deux secondes et porter une idée. C’est la partie la plus longue et elle ne se voit pas.
  • Le décor. Un arrière-plan raconte autant que le discours.
  • Le son. Nous le reprenons systématiquement. C’est le défaut numéro un des vidéos d’entreprise : une image correcte et un son d’amateur. L’œil pardonne, l’oreille non.
  • Le montage. Le rythme, l’étalonnage, les incrustations de texte qui arrivent au bon moment. Ce n’est pas un filtre qu’on applique, c’est un travail.

À la fin, nous avons laissé un bêtisier. Les ratés, les prises manquées, les fous rires. C’est exactement ce qu’une IA ne produira jamais, et c’est souvent ce que les gens regardent jusqu’au bout.

Ce qui ne s’automatise pas : diriger quelqu’un

Le matériel s’achète. Le logiciel s’apprend. Ce qui ne se remplace pas, c’est de savoir mettre une personne à l’aise devant un objectif.

Nous tournons aussi bien avec des comédiens expérimentés qu’avec des gens dont c’est la toute première fois. Un artisan, un commerçant, un dirigeant qui n’a jamais parlé à une caméra de sa vie et qui se raidit à la seconde où l’on appuie sur enregistrer.

C’est là que se joue une vidéo. Pas dans le choix de l’optique.

Savoir quoi dire pour qu’une personne oublie qu’on la filme. Savoir quand relancer, quand laisser tourner, quand s’arrêter et reprendre plus tard. Et surtout savoir reconnaître la prise où la personne est enfin elle-même, parce que c’est celle-là qui ira au montage, pas la plus propre techniquement.

C’est un travail de mise en confiance, et c’est ce qui rend quelqu’un authentique à l’écran.

Une intelligence artificielle ne fera jamais cela. Elle sait fabriquer un visage parfait. Elle ne sait pas aller chercher le vôtre.

Alors, faut-il refuser l’IA ? Surtout pas

Ce serait absurde, et ce serait se priver d’un outil formidable. Nous l’utilisons tous les jours.

Au montage, elle fait gagner un temps considérable sur les tâches ingrates : repérer les prises exploitables, dégrossir un dérush, poser un premier découpage. Elle aide aussi à l’étalonnage, à corriger une image capricieuse, à rattraper un détail qui aurait coûté une heure à la main.

Tout cela, ce sont des tâches où l’IA améliore le travail d’un professionnel qui garde la main et qui vérifie.

La ligne est ailleurs. Elle passe entre s’aider et tricher.

S’aider, c’est utiliser un outil pour aller plus vite sur ce qui n’engage pas votre image. Tricher, c’est fabriquer un visage, une voix ou un témoignage qui n’existent pas et les présenter comme les vôtres. Et tricher, ça finit toujours par se voir.

Nous ne le souhaitons pas, ni pour nous, ni pour vous. Nous voulons rester humains.

Vous voulez une vidéo d’entreprise qui ne sonne pas faux ?

Nous tournons chez vous, avec vous ou avec un comédien selon le projet, et nous montons tout en interne. Polygraphix Studio est basé à Forchies-la-Marche, à quelques minutes de Charleroi, et intervient dans tout le Hainaut.

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Ou, pour reprendre le mot de notre actrice : authentique.


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